La mort subite correspond à un arrêt cardiaque inattendu, brutal, survenant sans cause circonstancielle évidente, sans signe annonciateur.
L’arrêt cardiaque soudain est généralement provoqué par un trouble grave du rythme cardiaque empêchant le cœur de pomper le sang vers les organes et notamment vers le cerveau.
Les troubles du rythme les plus fréquemment impliqués sont :
* La fibrillation ventriculaire ;
* Et la tachycardie ventriculaire.
En dehors de l’hôpital, l’arrêt cardiaque est le plus souvent lié à une maladie cardiaque parfois méconnue avant l’évènement.
La mort subite du nourrisson correspond à une situation particulière relevant de causes le plus souvent différentes.
Quelles sont les causes de mort subite ?
L’arrêt cardiaque inattendu est souvent dû à une anomalie électrique du cœur. Ce trouble du rythme peut être secondaire à un infarctus ou des séquelles d’infarctus, à une maladie rythmique héréditaire ou encore à une maladie cardiaque structurelle pouvant épaissir, dilater ou fragiliser le cœur.
L’arrêt cardiaque est souvent confondu avec l’infarctus du myocarde (« crise cardiaque »), alors qu’il s’agit de deux situations différentes :
*L’infarctus correspond à une obstruction des artères du cœur ;
*L’arrêt cardiaque correspond à une interruption brutale de l’activité cardiaque efficace.
Chez certaines personnes, notamment les sujets jeunes ou apparemment en bonne santé, un arrêt cardiaque peut révéler une maladie cardiaque génétique ou familiale jusque là méconnue.
La survenue d’un tel évènement soulève souvent de nombreuses questions pour les proches :
« Que s’est-il passé ? »
« Aurions-nous pu faire quelque chose pour l’éviter ? »
« Les autres membres de la famille peuvent-ils également être affectés ? »
« Existe-t-il un risque de récidive ? »
Il est essentiel de rechercher la cause de l’arrêt cardiaque afin d’éviter la récidive chez le patient qui a présenté une mort subite récupérée et de prévenir les complications chez les apparentés au premier degré. Les explorations peuvent comprendre des examens cardiovasculaires et génétiques. En cas d’arrêt cardiaque non récupéré ou compliqué d’un décès après le séjour en réanimation une autopsie peut également apporter des réponses sur la cause de l’arrêt cardiaque.
Chez certaines personnes à haut risque de récidive d’arrêt cardiaque, un défibrillateur automatique implantable (DAI) peut être proposé. Ce dispositif permet de détecter et traiter automatiquement certains troubles graves du rythme cardiaque.
Tous les évènements graves cardiaques ne peuvent pas être évités, mais adopter une bonne hygiène de vie permet de réduire le risque : ne pas fumer, avoir une alimentation équilibrée, pratiquer une activité physique régulière, maintenir un poids adapté, contrôler l’hypertension, le cholestérol et le diabète, limiter l’alcool, éviter les drogues récréatives.
Revivre après un arrêt cardiaque
« Survivre est une chose, revivre en est une autre. »
Chaque année en France, 5000 patients survivent à un arrêt cardiaque et regagnent leur domicile après leur hospitalisation initiale en réanimation, puis en cardiologie et parfois après un séjour en rééducation, cardiaque le plus souvent.
Cependant, la récupération ne concernent pas uniquement le cœur.
Même lorsque l’arrêt cardiaque n’a duré que quelques minutes, le manque transitoire d’oxygène peut entraîner des conséquences parfois durables sur le cerveau, le corps et la vie quotidienne. Ces conséquences peuvent être invalidantes plus ou moins visibles de l’extérieur, et ce pendant des mois, voire des années. Pourtant, de nombreux patients quittent l’hôpital avec peu d’informations sur ce qu’ils risquent de traverser, et peu de soutien lorsque les difficultés apparaissent réellement.
Les difficultés possibles après un arrêt cardiaque peuvent être regroupées en quatre grandes catégories :
* Cognitives ou neurologiques ;
* Psychologiques ;
* Physiques ;
* Cardiaques.
Beaucoup de survivants présentent des difficultés dites « invisibles », parfois retardées ou peu identifiées :
- Une fatigue importante
Il s’agit du symptôme le plus fréquemment rapporté après un arrêt cardiaque. Cette fatigue correspond à un épuisement profond, persistant, très différent d’une simple fatigue habituelle.
- Des troubles cognitifs
Des troubles de la mémoire, des difficultés d’attention, une lenteur dans la réflexion ou des difficultés à réaliser certains tâches au quotidien.
- Retentissement psychologique
Survivre à un arrêt cardiaque soudain constitue un évènement profondément traumatique – non seulement pour le patient, mais également pour ses proches.
Les patients peuvent présenter :
* De l’anxiété ;
* Une hypersensibilité émotionnelle ;
* Des troubles du sommeil ;
* Un état de stress post-traumatique ;
* Des changements de comportement ;
* Des difficultés de reprise du travail ou de la vie sociale.
Les conséquences cognitives et psychologiques peuvent être aussi invalidantes que les séquelles physiques, mais elles sont encore insuffisamment reconnues et prises en charge.
Les proches aussi peuvent être impactés
Les proches – conjoints, familles, témoins ou personnes ayant réalisé le massage cardiaque – peuvent également être durablement impactés par l’évènement.
Les proches peuvent présenter :
* Une anxiété importante ;
* Un état d’hypervigilance ;
* Une peur permanente de la récidive ;
* Un stress post-traumatique.
Pourtant, peu bénéficient aujourd’hui d’un dépistage et d’un accompagnement spécifique.
Un suivi global est essentiel
Les recommandations internationales insistent désormais sur l’importance d’un accompagnement global après l’arrêt cardiaque, associant :
* Suivi cardiologique ;
* Evaluation cognitive ;
* Accompagnement psychologique ;
* Et orientation vers les professionnels dédiés.
La prise en charge a lieu le plus souvent en ville auprès d’orthophonistes, de psychologues, parfois de psychiatres, auprès également de professionnels médico-sociaux pour aider à la reconnaissance des difficultés et optimiser la reprise professionnelle.
Ressources disponibles pour les patients
Pour aller plus loin :
- Livret d’information de l’association partenaire La Vie après un arrêt cardiaque
- Ressources & inscriptions aux groupes de paroles de l’association partenaire La Vie après un arrêt cardiaque
Quelques mots surLa Vie après un arrêt cardiaque : La première association française dédiée à améliorer la qualité de vie après un arrêt cardiaque. Ses missions informer, rassembler, accompagner patients et proches mais aussi sensibiliser les professionnels de santé :
*l’accompagnement après un arrêt cardiaque ne doit pas s’arrêter à la sortie de l’hôpital ;
*quelles que soient les difficultés que vous traversez après un arrêt cardiaque, sachez que de nombreux autres patients et proches vivent des expériences similaires.
*échanger avec d’autres survivants, proches et professionnels peut aider à mieux comprendre ce qui arrive, rompre l’isolement et trouver les ressources adaptées.